Temoignagnes

Le premier nutritionniste au centre de santé Tulattavik de l’Ungava Novembre 2017

Il y a quatre ans, lors d’une soirée d’été passée sur une terrasse à Montréal, un ami me parle du poste de nutritionniste affiché au centre de santé Tulattavik de l’Ungava.

Ma première réaction était : « Quoi? Aller travailler et vivre dans le Grand Nord? Non, c’est trop loin pour moi, mon ami. »

Je rentre chez moi ce soir-là, et par simple curiosité, je trouve sur internet l’affichage du poste dont la date limite pour postuler était déjà dépassée.

Je lis et relis la description, les critères du poste et je réalise qu’il répond exactement à mes qualifications. De plus, je réalise que je serais le premier nutritionniste au centre de santé et que j’aurais le mandat de monter le service tant au niveau clinique qu’au niveau préventif, si ma candidature était retenue. Un beau défi à prendre malgré un petit doute qui me hante.

Je discute avec mon amie Carole, et elle me convainc d’appliquer et m’aide à rédiger la lettre de motivation. Alors, avec encore un peu d’hésitation, j’applique pour le poste un dimanche soir avant d’aller me coucher.

Et voilà, il a juste fallu quelques semaines avant que je sois embauché. Je dois avouer que j’étais stressé et que je ne m’attendais pas du tout à ce que la procédure d’embauche soit aussi rapide. En fait, j’ai reçu un appel de Kuujjuaq pour me parler de la procédure de déménagement avant même d’avoir reçu la lettre d’embauche.  Un signe que je devais venir travailler dans le Grand Nord.

Donc, la journée de mon départ, le 18 Novembre 2013, l’agent au comptoir de First Air m’annonce qu’il était possible qu’on atterrisse à Iqaluit plutôt qu’à Kuujjuaq à cause du mauvais temps. « QUOI? »  Je fais quoi moi alors? Je me suis dit que peut-être que je verrais un ours polaire à ma première journée dans le Nord. Mais non! Cela m’a pris trois ans avant d’en voir un. Une expérience que peu de gens ont la chance de vivre.  J’ai aussi appris assez rapidement que venir travailler dans le Grand Nord demande beaucoup de patience et de confiance face à l’incertitude qui est quasi présente, surtout quand on voyage régulièrement entre les différents villages.

D’un point de vue professionnel, quand on travaille dans le Grand Nord, on doit faire face constamment aux défis psychosociaux comme le taux de suicide élevé, les problèmes de consommation, le problème de logements et certains problèmes médicaux comme la tuberculose. Mais, en tant que nutritionniste je dois vous avouer que le défi est aussi très grand et même plus grand que ce à quoi je m’attendais. Couvrir le service clinique, préventif, promotionnel de la santé et même le volet sécurité alimentaire pour toute la population de la baie d’Ungava demande de l’organisation, de la discipline et de la créativité. Mais le plus important dans tout cela, c’est de comprendre la culture inuit et les défis que la population doit affronter pour être en santé. Pour réussir ici, il faut être à l’écoute des besoins du milieu et surtout rester humble. C’est lorsque les jeunes du village te surnomment « Mr. Smoothie » que tu sais que tes activités commencent à avoir un petit impact positif chez les jeunes, et c’est rassurant.

Le Grand Nord est ce vaste et beau territoire qui cache des surprises et beaucoup de défis. Je l’ai découvert grâce à mon métier de nutritionniste et cela m’a permis de découvrir non seulement les grands paysages, mais aussi de faire la rencontre de personnes formidables.

Ce fut ma façon de découvrir le Grand Nord. Je vous invite donc à venir le découvrir à votre façon.

Alain Ishac, Nutristionniste
Centre de santé Tulattavik de l’Ungava

Une expérience professionnelle et personnelle inégalable Octobre 2017

Depuis le début de mon aventure nordique, on m’a souvent dit : «Tu travailles pour la DPJ au Nord, ça ne doit pas être facile…». Effectivement, ce travail représente de grands défis et d’être exposée à la souffrance humaine, mais comment trouver les mots pour témoigner de la richesse de cette expérience.

Intervenir en relation d’aide dans une langue et une culture étrangères exigent une constante réflexion concernant les interventions à privilégier. L’expérience et l’autonomie acquises ici sont d’une richesse inégalable. Être témoin de personnes trouvant des solutions originales à leurs difficultés ou développant leurs capacités d’adaptation sont des moments de bonheur qui compensent les autres difficultés. Le travail ici est rempli de surprises : vivre uniquement au rythme des avions, manger du caribou fraîchement chassé pour remerciement, ne pouvoir rencontrer les pères d’un village à cause de la saison de la chasse aux bélugas, etc. Pratiquer la psychoéducation en contexte interculturel fût ma motivation pour travailler et vivre « au Nord »; chaque jour est un nouveau défi professionnel.

Dans le Nord québécois, tes collègues de travail deviennent tes amis. La solitude que j’anticipais ne m’a jamais réellement atteinte.

Que de beaux moments passés à profiter de la beauté du climat, les marches dans la toundra, les randonnées en raquettes, les feux de camps, les aurores boréales et, même, les rares journées à la plage! Le Nord nous pousse à connaître nos limites, à les surpasser et, par le fait même, à mieux se connaître soi-même. L’apprentissage de la culture inuit est aussi magnifique; que dire de ces personnes qui continuent de partager leurs savoirs ancestraux au gré des nombreux arrivés et des départs.

Pour moi, la dureté du Nord contraste parfois avec toutes ses beautés, mais l’expérience professionnelle et personnelle que je vis ici est sans contredit une des plus enrichissantes de ma vie.

Marilou Brière, Psychoéducatrice
Direction de la protection de la jeunesse - Tulattavik

L'aventure de ma vie Septembre 2017

L’aventure de ma vie a débuté en juin 2016 sur l’unité de soins à Puvirnituq. Désirant me développer personnellement et professionnellement, cela faisait un bon moment que je m’informais sur la réalité du Nunavik. Entre les dires des amis, ce que les médias affichent ainsi que ma propre vision du Nord du Québec, je sautais enfin dans l’avion vers ce village éloigné avec qu’une seule chose en tête : apprendre ! 

Pour apprendre, oh oui ! Cette expérience m’a sorti de ma zone de confort depuis la toute première minute ou j’ai mis les pieds sur le pergélisol. Que ce soit par les paysages à couper le souffle, l’authenticité du peuple Inuit ainsi que les fortes valeurs familiales et communautaires, une voix intérieure me disait que cet endroit bien spécial allait m’apporter énormément… Et il le fait encore aujourd’hui.

Le Nunavik est définitivement un lieu d’introspection. Cet endroit où l’on prend le temps, chose qui passe souvent en seconde priorité dans la frénésie des grandes villes. On prend le temps de regarder le ciel, ses aurores, ses nuages... On prend le temps d’apprécier notre courage et notre chance de pouvoir vivre cette expérience enrichissante. 

Puis une année merveilleuse passa. Une année de rencontres amicales, de découvertes sur soi-même ainsi que d’apprentissages continuels.  Le Nunavik est comme une thérapie : tu y redécouvres tes intérêts, y élargis tes horizons et y développes ta maturité. Chaque situation te confronte afin de devenir une meilleure personne, jour après jour. 

Encore aujourd’hui, le Nunavik ne cesse de m’en faire voir de toutes les couleurs. Sa diversité culturelle, ses communautés attachantes, son ciel à perte de vue ainsi que ses moments d’introspection font maintenant partis de moi. Que je le veuille ou non, cette expérience m’aura changé à jamais. 

Œuvrant maintenant à la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik, je suis choyé d’avoir pu développer mes compétences dans plusieurs champs afin de me rapprocher du domaine qui me stimulait depuis fort longtemps. En ce sens, cette expérience magique permet à chaque personne déterminée de trouver son Nord au travers du Nord. 

En somme, je conseille cette expérience à toute personne désirant surpasser ses limites et cherchant à se développer dans une optique personnelle et professionnelle. Ne vous fiez pas trop aux dires des autres et volez, il n’y a rien de plus beau !

Simon Rioux, infirmier conseiller en enfance, jeunesse et famille
Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik

Mon séjour au Nunavik Août 2016
Nakurmiik, Nunavik.

J’ai attendu jusqu’aux derniers instants avant d’écrire sur le Nunavik. Et c’est seulement à l’aéroport de Kuujjuaq, à quelques minutes avant mon départ, qu’enfin j’ose débuter.

Il y avait cette peur d’être maladroite avec les mots, de ne pas être capable de transmettre ces moments vécus, ces découvertes partagées, de façon adéquate, à l’image de l’apprentissage grandiose que j’ai fait au cours des six dernières semaines. Un sacré bout de chemin.

Il y a une certaine forme de magie, de sagesse, d’histoire insaisissable dans cette parcelle de monde. Une sensation qui se décrit à peine, mais ceux qui auront passé par ici l’auront senti. Et ça se transmet drôlement par écrit.

Avant mon arrivée, on m’avait parlé de région éloignée. Rapidement, on a rectifié. Non, non, ce n’est pas une région éloignée, c’est une région isolée. Pas de route, pas de chemin de fer. Accessible que par avion, et par bateau si la météo est assez clémente pendant l’été. J’ai par la suite appris avec un certain plaisir que l’aéroport de Kuujjuaq était le troisième en importance dans la province, après Montréal et la Québec.

Région isolée certes, mais tellement connectée avec ses terres, ses eaux, ses vents, qu’on y sent plein, entouré, materné. On oublie que le « Sud » n’est qu’à deux, trois heures d’avion tellement qu’on s’y croit ailleurs. Les nuits sont courtes, le ciel reste bleu jusqu’à tard, tard le soir, mais il y a un renouveau qui vient à chaque jour qui commence.

La beauté féroce de l’endroit te remet les deux pieds sur terre. Bien comme il faut. On t’en met plein la vue. Il y a le vent qui frappe, mais tellement frais qu’on l’apprécie à pleines dents. De l’eau partout, qui se boit juste comme ça. Des arbres, un peu maigrichons, mais bien courageux. Et de l’espace. À l’infini, et même plus encore. C’est beau pour longtemps.

C’est une chance de venir au Nunavik, et ma formation m’en a donné l’opportunité. Ce n’est pas facilement accessible, mais ô combien, j’aurais prolongé mon séjour encore plus. Déjà, je pense à des façons de revenir. Mon projet s’est bien déroulé, mais personnellement, il m’en manque un bout. Le Nunavik ne m’a pas encore tout appris ce qu’il veut me transmettre. Je quitte avec encore plus de questions qu’à mon arrivée, une volonté encore plus grande de comprendre cet héritage culturel, ce pan de notre histoire qu’on tente trop souvent d’oublier, de minimiser ou de transformer.

On décrit souvent le Nord du Québec comme une région difficile, pauvre, violente, dure, qui se fait barrouetter dans les -50º de l’hiver blanc. Mais je voulais en parler d’une autre façon. J’en conviens que mes six semaines n’en sont qu’une fraction, mais j’ai eu l’impression de vivre ici plus jamais ailleurs. De renouer avec moi-même. Avec ces rêves oubliés. 

Il y a les rires fréquents, les gens qui t’accueillent les bras grands ouverts, les histoires de chasses qui ne tiennent pas debout. Il y a la notion du temps qu’on balance un peu à gauche, un peu à droite, qu’on suspend. Il y a l’intermittence de la connection internet, balancée par la constance du ciel. Il y a les « petits » saumons de quarante centimètres bien remplis en chair, le plaisir de se baigner dans l’eau glaciale, la fierté du gibier fraîchement chassé. Il y a ce respect envers les aînés et les enfants, l’honnêteté des sourires, la profondeur des regards.

Il y a le chef de police qui a travaillé pour les casques bleus de l’ONU. Il y a la flotte d’Air Inuit qui fait des miracles sur des pistes cabossées à peine plus grandes que mon salon. Il y a ces gens qui m’ont appris à pêcher, à tirer, à profiter. Il y a les soupers improvisés, le caribou gelé, le bar multi-générationnel de Kuujjuaq où l’on sort en pyjamas.

Il y a cette ardeur dans le travail accompli, une volonté palpable de faire quelque chose de bien et durable. Il y a cette connaissance de l’environnement qui change, qui n’est plus comme avant. Il y a cette modernité criante qui se mélange à l’ancestral. Il y a cette façon de réapprendre à poser ses questions, à jongler avec les imprévus prévisibles. Il y a tellement.

Et finalement, le Nunavik m’a montré le calme de la Terre, la puissance de l’espace, la volonté du temps. J’en ai encore beaucoup à partager, de ma passion grandissante pour la santé publique, à mon respect pour ces personnes qui m’ont ouvert leurs bras pour me raconter des parcelles de leur histoire, à mon unique séjour dans le parc national de Kuururjuaq, un des secrets les mieux gardés du monde. Entre temps, et en toute humilité, je dis merci.

Claudel Petrin-Desrosiers
Étudiante en médecine 
Mon aventure nordique! Avril 2016
  

Mon aventure nordique a débuté le 14 juillet 2008 à Puvirnituq. Après un séjour de deux années en Basse-Côte-Nord, où j’avais adoré mon expérience, j’avais soif de plus d’aventure, de travailler en CLSC en région isolée et de connaître le peuple inuit dans le vrai Grand Nord québécois.

Une aventure qui devait à la base durer une année perdure encore… J’ai été charmé par la toundra, les couchers de soleil, les aurores boréales mais avant tout, le travail de première ligne a été un coup de foudre professionnel. Contrairement aux autres villages de la Baie d’Hudson, ici au CLSC de Puvirnituq, nous avons accès au département de laboratoire et de radiologie. Nous pouvons donc, la nuit, après avoir stabilisé le patient, le transférer directement sur civière car l’hôpital est annexé à même le CLSC. Par contre, des nuits blanches à évaluer des bébés ou stabiliser des traumas, ça j’en ai eues quelques-unes ! Mais lorsqu’on quitte le CLSC aux petites heures et qu’on aperçoit une magnifique aurore boréale dansante dans le ciel, on oublie vite notre fatigue.

J’ai appris tellement durant mes six années de travail en CLSC : appris à ne pas faire de jugement, appris de la culture inuite qui vit au moment présent contrairement à moi qui est souvent à me demander qu’est-ce que je ferai demain ou la semaine prochaine, appris à prendre ma place en tant qu’infirmer en CLSC. Avec les années, j’ai eu la chance de pouvoir créer des liens avec mes collègues inuit, je n’étais plus le « Qallunaq » de passage, mais plutôt Kévin l’infirmier du village de Puvirnituq.

En 2014, j’ai obtenu l’opportunité d’avoir le poste de chef d’unité de l’hôpital et du bloc opératoire. Donc depuis un peu plus de deux ans, j’ai troqué mon stéthoscope pour un clavier d’ordinateur ! Ce nouveau défi me permet de m’assurer que les patients inuit et « qallunaq » reçoivent des soins de qualité par des professionnels compétents. Je dois, avec l’aide de l’équipe du bloc opératoire, coordonner environ 28 semaines opératoires à Puvirnituq. Nos services ont augmenté à un point tel qu’il n’est pas rare que cinq infirmières, deux préposés en stérilisation et une agente administrative fassent partie de l’équipe du bloc opératoire.

À l’unité de soins de Puvirnituq, infirmières et préposés en établissement nordique travaillent en harmonie et il arrive parfois que des travailleurs inuit enseignent quelques bases d’inuktitut aux nouvelles infirmières, car il faut l’avouer, l’inuktitut est loin d’être une langue facile à apprendre !

Je peux sans l’ombre d’un doute affirmer que mon aventure qui se poursuit encore et qui se continuera encore longtemps, je l’espère, m’a fait évolué en une meilleure personne et m’a transformé pour le mieux. Il est important de se faire sa propre opinion du Nord et ne pas laisser les différents médias nous influencer, car souvent ce qui est relaté dans les médias n’est que le côté sombre du Nord et il y a tellement de belles rencontres à faire ici, vous le constaterez par vous-mêmes.


Kévin Dulong, chef d’unité, stérilisation et services spécialisés
Katatyak (chants de gorge) Février 2016
Je voudrais parler d’un élément de la culture inuite du Nunavik : les chants de gorge. Je suis chanteuse de gorge, et je vous parlerai de ma fierté de maintenir cette belle tradition, une tradition qui remonte à mes ancêtres. J’ai 27 ans et j’ai commencé à chanter de la gorge à l’âge de 13 ans. J’en étais épatée la première fois que j’ai entendu ces chants, quand nos aînées ont commencé à l’enseigner aux enfants, à moi. Ces aînées, Mary Sivuarapik, Aullak Tullaugak, Leela Qalingo, Lucy Amarualik et Nellie Nungak, nous ont enseignés et nous ont racontés des histoires sur les chants de gorge. Cette façon de chanter est encore pratiquée beaucoup et transmise aux générations plus jeunes.

Aujourd’hui, nos performances sont demandées lors des événements locaux et dans d’autres communautés. Dans le temps des fêtes à Noël, lors du festival de neige, organisé aux deux ans par notre comité de loisirs, lors des cérémonies d’ouverture, personne ne veut manquer une telle performance, tellement les gens aiment ces chants. Certaines chanteuses voyagent à travers le monde afin de faire connaître notre culture ; je rêve de voyager dans un autre pays. Une chance que j’ai mon passeport, si jamais j’ai l’occasion de voyager pour chanter. Nos enseignantes nous ont parlés de leur voyage à Paris lors de leur jeunesse, ce qui est source d’inspiration pour moi. Elles ont commencé à chanter quand elles étaient enfants, encore vivant dans des iglous et des tentes.

Les Inuit étaient nomades, se déplaçant selon la saison et à la quête de gibier. Les seuls bruits étaient ceux de la nature et des animaux, la seule musique celle des chants de gorge et des tambours faits de peau de phoque. En imitant ces bruits—vent, oiseaux, bruits des tâches quotidiennes—les femmes se mettaient à chanter de la gorge. Ça servait également de berceuse pour les petits.

Les chants de gorge sont pratiqués principalement par les femmes. Deux femmes se mettent face à face, des fois en regardant chacune la bouche de l’autre, des fois les yeux, et alternent un fredonnement rythmique. Si elles se regardent dans les yeux, il est fort possible qu’elles finissent en éclats de rire. S’il s’agit d’un concours, celle qui se met à rire en premier perd. Une sorte de chant s’appelle qimmiruluapik (« chiot » en inuktitut), parce que c’est le mot répété ou fredonné par les deux chanteuses. Plusieurs chants imitent le bruit d’animaux : l’un imite les outardes, et ça ressemble vraiment au bruit de cet oiseau. Un autre imite le bruit d’une scie à bois ; c’est un favori des spectateurs. Certains chants suivent une mélodie.

Nous espérons que de plus en plus de jeunes apprennent et maintiennent cette belle tradition. Elle fait partie de notre culture que l’on partage volontiers avec le monde. Mon désir est de l’enseigner à la prochaine génération et que les jeunes filles la pratiquent avec fierté.


Lisa-Louie Ittukallak, Puvirnituq
Les fêtes dans le Nord ! Décembre 2015

Je m’amuse souvent en disant à mon filleul et à ma nièce que je vis à côté du Père Noël et que je m’assure qu’il reçoit leur liste de vœux à temps pour le jour de Noël. Ils sont émerveillés et je dois avouer que leur excitation et le regard dans leur visage me portent à croire, ne serait-ce qu’un tout petit moment, que je vis vraiment dans un monde hivernal féerique où tout est possible… oui, même de rencontrer le Père Noël !

Passer le temps des fêtes au Nunavik est une option choisie par de plus en plus de travailleurs non inuits, et je dois dire que je la préfère, l’ayant fait moi-même ces quatre dernières années. Il y a une atmosphère magique qui descend sur les villages à l’approche des fêtes. Plusieurs activités sont organisées, telles les foires d’artisanat, les écoles organisent des spectacles, les maisons sont décorées au maximum, le tout dans un air joyeux et empreint d’esprit communautaire où tout le monde serre la main à tout le monde et souhaite Joyeux Noël à tous.

Il va sans dire, un avantage de rester ici est la garantie d’un Noël blanc ! La quantité varie d’une année à l’autre mais il y a toujours de la neige ; on regarde par la fenêtre le matin du 25 et on voit une petite neige tomber, une vue vraiment magique. Les jours sont courts, certes, mais on en profite pleinement : on enfile un pantalon de neige par-dessus les pyjamas et on sort faire de la raquette ou une randonnée en motoneige. On dirait que le temps arrête, nous permettant de jouir de la vie pleinement. Même pour les travailleurs aguerris qui s’en vont au bureau, les heures qu’ils y passent sont tranquilles, le rythme ralenti, leur permettant d’accomplir beaucoup, tout en jasant avec leurs collègues, grignotant des biscuits en pain d’épice et sirotant un chocolat chaud.

Le soir, plusieurs villages organisent des jeux où tous les membres de la communauté sont invités. Les jeux sont pour la plupart inconnus des gens du Sud, mais ils sont caractérisés par des rires, il en résulte beaucoup de bons souvenirs et l’atmosphère est amicale et joyeuse.

Je dois mentionner notre plaisir spécial à Kuujjuaq : le ciel de bonbons annuel. Il court un bruit selon lequel celui de cette année sera le dernier, mais on se croise les doigts que ce n’est qu’une rumeur. Le ciel de bonbons a lieu le matin du 25 : Johnny May, pilote inuit célèbre, pilote son avion à très basse altitude (ayant un permis de vol spécial pour ce faire) tandis que le Père Noël lance des bonbons et des cadeaux par la porte ouverte à la foule en bas. Les cadeaux sont des petits items ou des bons échangeables pour des prix gardés au Forum. L’atmosphère est électrique ; il y a beaucoup de compétition pour attraper quelque chose mais l’air est toujours joyeux.

Certains croiront qu’il y a quelque chose de triste de demeurer loin de la famille et des proches en ce temps de l’année. Je le comprends, mais je dois dire que l’on se fait sa propre petite famille ici dans le Nord, et fêter cette période spéciale avec cette famille est toute une expérience merveilleuse en soi. Il n’y a rien qui compare à se réunir avec les autres gens qui sont restés, qu’ils soient amis proches ou non, pour un souper où chacun contribue quelque chose. On arrive à mieux connaître les autres et, qui mieux est, on ne reste pas coincé dans la circulation… il n’y a même pas un seul feu de circulation ! Ce qui fait le meilleur cadeau de Noël de tous.

Joyeuses fêtes à tous et à toutes ! Que la joie et la paix règnent !
Caroline D’Astous
Agente de communication, RRSSSN 

L’été à Kuujjuaq Août 2015

Pendant la saison estivale les bureaux semblent se vider à vue d’œil. C’est la belle saison ; comme partout c’est le temps des vacances estivales et la plupart des organisations fonctionnent au ralenti avec un minimum de ressources humaines. La plupart des employés engagés du Sud en profitent pour rendre visite à leur famille qu’ils n’ont pas vue depuis quelques mois et les Inuits occupent le territoire. À contre-courant, certains employés du Sud (dont j’en suis) profitent de cette trop courte saison au maximum. Il y a tant de paysages à voir, tant d’excursions de pêche à naviguer, tant de marées à prendre, de ballades, de randonnées à marcher, de levers et de couchers de soleil, de faune et de flore à observer ! Par chance, les jours d’été à Kuujjuaq sont beaucoup plus longs qu’au Sud. Au solstice le soleil ne se couche presque pas… les journées sont interminables ! Quelle chance pour qui veut en profiter au maximum pour faire des activités à l’extérieur. On a presque deux journées en une. On paiera plus tard, au plus creux de l’hiver, mais pour l’instant, pas question de perdre une minute.

Les plus braves profitent de ces jours tous simples et parfaits de soleil qui font grimper le mercure au-dessus du 25 degrés pour aller « piquer une tête » dans la rivière dès la fin de la journée de travail ou pendant le weekend lors d’une excursion de camping. Un petit cinq à sept sur le bord de la plage ? « Apporte une palette pour le feu, on se fera un petit souper improvisé ».

Qu’est-ce qu’on fait en fin de semaine ? On va camper ? Oui, oui ! On se trouve un petit coin tranquille dans ce vaste territoire et on monte la tente pour la nuit. Un filet pour le corps, une chaudière de « deet » et un petit feu saura chasser les piqueurs-suceurs qui seront légion si le vent se calme trop. Pas âme qui vive à des kilomètres si ce n’est que du geai gris curieux de voir ce que nous faisons ou de la loutre mécontente qui nous dit que c’est son poisson à elle. Le soleil finit par descendre à l’horizon, on se fait un « tchin », ça c’est la belle vie.


Marc-André Lamontagne
Services pré-hospitaliers d'urgence et mesures d'urgence
Régie régionale de la santé et des services sociaux Nunavik




 

La médecine au Nunavik: une expérience unique! Mai 2015

La médecine familiale dans le Grand Nord n'a pas son égal : transculturalisme, polyvalence, travail d'équipe. Il y a une douzaine d'années, alors que j'étais encore étudiante, je suis venue y faire un stage et j'y ai découvert une pratique humaine aux horizons larges avec une population locale très attachante. J'ai lancé ma pratique ici il y a maintenant quelques années et je suis encore fascinée et stimulée quotidiennement par mon travail.

Transferts aéromédicaux, urgences diverses, hospitalisation, prise en charge, visites à domicile, soutien aux autres professionnels, notre champ de pratique ne semble avoir aucune limite, tout comme la toundra ! On se sent tous un peu superhéros quand on embarque dans un petit avion bimoteur—le légendaire Twin Otter pour les intimes—pour aller récupérer un patient instable dans un autre village. Nous prenons en charge intégralement chaque patient qui se présente à nous, du bébé tout neuf aux aïeuls du village. Cela nous permet de maintenir nos compétences dans tous les domaines de la médecine : pédiatrie, médecine interne, psychiatrie, traumatologie, santé de la femme, etc. Il n'y a pas de journée typique de travail dans le Grand Nord, nous ne connaissons pas la routine. La seule certitude que nous avons, c'est que tout peut arriver ! Durant la même journée de travail, je peux faciliter le maintien à domicile d'un patient en fin de vie par téléphone dans une communauté dépourvue de médecin et je peux stabiliser un patient polytraumatisé victime d'un accident de la route. Il n'y a pas de journée plus gratifiante que d'avoir travaillé fort toute la nuit en équipe à stabiliser un patient en état critique et de le voir s'envoler sur les ailes de l'avion-ambulance pour aller rejoindre les milieux de soins tertiaires. Avec les ressources limitées et les possibilités d'imprévus multiples, il faut savoir se remettre en question, s'adapter et être créatif.

Avec les années, j'ai développé un lien étroit avec les patients et leur famille. Ce qui me fait le plus chaud au cœur, c'est quand je reviens d'un congé « dans le Sud » comme on dit ici et que plusieurs membres de la communauté m'accueillent en me disant « Welcome back home, doctor » ! J'ai un accès privilégié au quotidien, aux croyances et aux valeurs des Inuits grâce à mon travail. Je suis déjà rentrée d'une visite à domicile avec une outarde entière—avec le bec et les plumes en prime—offerte par la famille de la patiente ! Le travail transculturel, à condition d'être ouvert d'esprit, nous en apprend beaucoup sur nous-mêmes.

En plus du travail stimulant, le Nunavik offre un milieu naturel incomparable pour les amoureux de plein air. Ski de fond, ski cerf-volant, kayak, randonnée, vélo, camping, les possibilités sont infinies. Les sautes d'humeur de la météo locale, avec ses vents parfois violents et ses blizzards, éprouvent régulièrement notre capacité à lâcher prise. Le ciel du Nunavik offre des spectacles à couper le souffle tout au long de l'année : couchers de soleil flamboyants, lune rougie par le crépuscule estival infini et mythiques aurores boréales. Rien n'est plus fort et plus beau que la nature !


Geneviève Auclair
Médecin de famille et chef du département de médecine
Centre de santé Inuulitsivik Chef du DRMG du Nunavik en remplacement temporaire

Processus d'embauche et formation à l'orientation Mars 2015

Vous trouverez sous la bannière Perspective Nunavik toutes les informations nécessaires concernant le travail dans le domaine de la santé et des services sociaux au Nunavik. Notre réseau est composé de deux centres de santé ainsi que d’une régie (équivalence d’une agence) régionale :

  • Centre de santé Tulattavik de l’Ungava (CSTU), situé à Kuujjuaq et qui gère les services de la côte d’Ungava;
  • Centre de santé Inuulitisivik (CSI), localisé à Puvirnituq et qui gère les services de la Côte d’Hudson;
  • Régie régionale de la santé et des services sociaux Nunavik (RRSSSN) basée à Kuujjuaq.


Bien que ces trois organisations affichent leurs offres d’emploi sur Perspective Nunavik, chacune a son service de recrutement et ses processus d’embauche propres à elle. Une candidature non retenue à un centre de santé ne le sera pas nécessairement à l’autre ; par contre, il faut postuler aux deux endroits. Comme chaque organisation est une entité indépendante il faut faire un processus d’embauche par endroit, et ce, à tous les niveaux : entrevues, références, examen de santé, etc.

Par contre, les conditions de travail des trois organisations sont très semblables car les avantages nordiques des centres sont basés sur la convention collective CSN et FIIQ et pour la RRSSSN sur les conditions de travail du personnel syndicable/non-syndiqué du gouvernement. Les avantages nordiques pour le personnel d’encadrement sont identiques à ceux des autres salariés.

En plus du salaire, il y a des avantages très intéressants tels que :

  • Prime d’éloignement;
  • Prime de vie chère;
  • Prime de rétention selon la convention.
 

Pour les personnes embauchées à plus de 50 kilomètres de leur lieu de résidence nous offrons également :

  • Quatre sorties annuelles (si avec dépendant, trois sorties annuelles par personne);
  • Logement meublé (possibilité de devoir être en transit ou en cohabitation au début);
  • Remboursement des frais de déménagement et d’entreposage d’effets au Sud.
 

De plus, pour les nouveaux diplômés travaillant en région éloignée, un crédit d’impôt est disponible.

 

Vous avez postulé, ensuite ?

Si votre profil professionnel et vos qualifications correspondent aux besoins de l’organisation et que l’on décide de vous contacter pour une entrevue, sachez que celle-ci sera faite au Sud, soit à Montréal ou Québec.

Suite à votre entrevue, si l’on décide de retenir votre candidature, le processus d’embauche complet est d’environ un mois, le temps de confirmer vos références et pour vous de passer vos examens médicaux.

Par contre, comme dans tout emploi il se peut que le besoin de combler le poste soit urgent et que votre délai soit plus court que celui mentionné. Au Nunavik il faut toujours être prêt à toute éventualité. Quelle que soit la situation le personnel en dotation discutera avec vous de vos besoins.


Vous avez fait le saut, vous avez dit oui, étape suivante !

Afin de faciliter l’intégration et l’adaptation dans le nouvel emploi, les nouveaux employés embauchés par une des trois organisations recevront une formation à l’orientation de deux jours à Montréal avant d’intégrer son nouvel emploi au Nunavik. La formation est donnée par une Inuk et des employés possédant une expérience nordique à qui vous pourrez poser vos questions.

Les journées se dérouleront comme suit :

  • La première journée portera sur la culture inuite ainsi que l’apprentissage de quelques mots en inuktitut essentiels avant votre arrivée;
  • La deuxième journée portera sur l’organisation des services des trois organisations du réseau, la préparation avant de monter au Nord et une courte présentation sur l’adaptation culturelle.


Ensuite, bon vol ! Le Nunavik vous attend !
Si vous avez le goût de vivre une expérience professionnelle dans un cadre nordique, nous vous invitons à joindre une de nos équipes.

La santé mentale au Nunavik a plusieurs visages Février 2015

C’est cette femme schizophrène qui a réussi à adopter une petite fille ayant elle-même un retard mental, c’est cette même jeune fille qui, 20 ans plus tard, m’amène un pot de confiture Kraft plein à ras bord des comprimés et gélules que sa mère ne prend plus depuis 1 mois et dont elle ne sait que faire… C’est cet homme dans la quarantaine, fragilisé par une maladie mentale due à des abus de drogues, qui erre toute la journée dans le village, allant de l’hôpital à la commission scolaire, à l’agence de la santé, chaussé de bottes de caoutchouc et d’un manteau trop mince, car son petit logement est souvent envahi par des jeunes qui viennent y faire la fête et le terrorisent…C’est cette jeune nouvelle maman, schizophrène elle aussi, en détresse face aux besoins d’un nouveau-né, qui n’en peut plus…

Mais…

C’est aussi une équipe de médecins, infirmières, travailleurs sociaux, psychiatres et organisations communautaires dynamiques, innovateurs, dévoués qui travaillent en équipe et réussissent à soutenir la mère et sa fille en changeant la médication orale en injectable, tout en maintenant à domicile la famille jusqu’au décès de la mère, permettant que la fille conserve son autonomie. C’est cette équipe qui soutien des nouvelles ressources de traitement et d’hébergement qui vont permettre à l’homme d’avoir une chambre à lui, sécuritaire, un revenu, et de manger à sa faim… C’est finalement toujours la même équipe qui va s’arrimer avec l’équipe du centre de référence pour organiser les soins médicaux, sociaux, un service de garde pour l’enfant, de façon à ce que la jeune maman puisse récupérer de façon adéquate et être en mesure de bien élever son fils.

Le travail au nord, que ce soit en santé mentale ou autre, est complexe par le manque de ressources, et le transculturalisme fait partie intégrante de notre réalité. En contrepartie, cette réalité est très enrichissante pour les intervenants, en termes d’expérience culturelle et de relation d’aide. Quand je pense à certains de mes patients qui réussissent à vivre avec leur maladie mentale, qui ont un travail, un endroit bien à eux, ne sont plus judiciarisés et n’ont pas été hospitalisés depuis quelques années, je suis fière que mon intervention ait eu une petite part dans leur succès.

Chaque personne qui travaille dans le domaine de la santé mentale au Nunavik a l’opportunité de faire une différence dans la vie d’un (e) ou des Nunavimmiut. Êtes-vous prêt à faire cette différence ?


Nathalie Boulanger
Médecin de famille au Centre de santé Tulattavik de l’Ungava (CSTU) et
médecin conseil pour l'équipe de santé mentale à la Régie régionale de la santé et des services sociaux Nunavik (RRSSSN)

Travailler au Nord Mars 2014

Le Nord, ce vaste territoire isolé et encore méconnu, éveille l’imaginaire… D’ailleurs, la plupart des gens (et moi-même, avant de faire le grand saut nordique) se représente le Nord comme un ensemble indéfini qui comprend tout ce qui se situe au-dessus du 55e parallèle. Mais au-delà du froid polaire, de la toundra et de ses étendues sauvages, se cache une terre de possibilités, un milieu de vie hors du commun et un peuple attachant. C’est ce qui m’anime encore aujourd’hui, après près de trois ans à travailler en protection de la jeunesse au Nunavik.

Mon travail auprès des enfants et des familles inuits est une source continue d’apprentissage et d’échange mutuel. Pour nous, travailleurs venus du Sud comme on nous appelle, l’intégration dans ce milieu demande une grande ouverture d’esprit et met à l’épreuve nos capacités d’adaptation. Car bien que notre intervention soit régie par la Loi sur la protection de la jeunesse, la même qui est appliquée à travers toute la province de Québec, nous devons l’adapter à la réalité culturelle. Et laissez-moi vous dire que plongé dans cette culture différente et unique, ce petit alinéa de la LPJ prend tout son sens…

Travailler au Nord c’est accepter de se remettre en question, d’être confronté à sa propre ignorance par la perte de ses repères personnels et professionnels et de s’ouvrir à l’inconnu… aller au-delà de ses savoirs, de sa « vision du Sud », de ses idées préconçues et prendre le temps de connaître et de respecter la culture inuite. En ce sens, le travail d’équipe avec nos collègues inuits amène un échange enrichissant où chacun apprend l’un de l’autre. Plus encore, la collaboration avec les membres et les ressources de la communauté et la participation des aînés sont primordiales dans un esprit de prise en charge par la communauté. Le travail au Nord demande beaucoup d’humilité, un bon esprit d’équipe mais aussi la créativité nécessaire pour favoriser, par nos interventions, la mobilisation de la communauté. L'expérience est un bel exercice de lâcher prise; ici on apprend à faire avec… Cela peut paraître simpliste mais se reflète dans les plus petits gestes du quotidien, ceux que l’on prend pour acquis « au Sud ». Faire avec… la quantité d'eau potable qu'il te reste dans le réservoir (ce sont les camions municipaux qui assurent l'approvisionnement en eau potable et la collecte des eaux usées); faire avec… ce qu'il reste sur les tablettes à l'épicerie; faire avec… la météo et la rigueur du climat qui créent parfois des annulations ou des retards dans les horaires des avions. Il faut dire que le Nunavik n’est pas relié au reste de la province par voie terrestre, le seul moyen de s’y rendre est par avion. C’est aussi la seule façon de se déplacer d’une communauté à l’autre. Imaginez l’excitation la première fois que j’ai pris l’avion pour me déplacer dans une autre communauté dans le cadre de mon travail, c’est quand même hors du commun !

Le Nord nous en apprend aussi beaucoup sur nous-mêmes et nous donne de belles leçons de vie… Dans mon travail, je suis confrontée par mes limites d'intervention, par un manque de ressources, par le choc des cultures, par des conflits de valeurs, par la barrière de la langue (la langue première des Inuits est l’inuktitut, bien que la grande majorité d’entre eux parlent anglais ou français), mais c’est tout ce qui rend cette expérience si enrichissante et marquante. C’est aussi dans ces moments que je m’inspire de la grande force et de la résilience du peuple inuit, un peuple légendaire, qui a su s’adapter et survivre dans un climat aride et qui encore aujourd’hui doit s’adapter aux changements et à la perte de ses repères. Et pourtant, le peuple inuit demeure un peuple chaleureux, fier de leur riche culture, qui aime rire et s’amuser. La majeure partie de la population est jeune (60 % a moins de 25 ans), ce qui représente tout un défi mais est surtout porteur d'espoir.

Vivre au Nord c’est au-delà de l’emploi… Bien plus qu’un travail, le Nord appelle à un mode de vie différent. La nature omniprésente, l'air pur, la proximité et l'esprit d'entraide apportent une qualité de vie inégalée. Le Nord nous invite à un retour à l’essentiel, à la simplicité et à la richesse des rencontres humaines. C'est une expérience stimulante, une occasion de grandir, de se réaliser autant personnellement et professionnellement.

Prêts à faire le saut ? :)
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Rêvez
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Jessica Boudreau
travailleuse sociale, conseillère clinique
DPJ, Centre de santé Inuulitsivik